Publié dans U. Chaintreuil, T. Karagöz et L. Torrente (éd.), Sens et usages de l’un chez Aristote. Perspectives psychologiques, métaphysiques et éthiques, Ousia, 2025, p. 115-138
Le thème de l’unité est omniprésent dans les écrits biologiques d’Aristote. Cela non seulement en raison du fait que les êtres vivants sont les substances par excellence de l’ontologie aristotélicienne, comme la Métaphysique le précise, et qu’ils sont des unités au plus haut degré, mais aussi parce que l’unité du vivant apparaît tout d’abord comme problématique. En réalité, il faut préciser tout de suite que ce n’est pas l’unité de la matière et de la forme du vivant qui pose problème à Aristote : cette unité est une sorte d’évidence première, dont il est inutile de discuter, comme le souligne DA II 1, où il affirme qu’« il ne faut pas chercher si l’âme et le corps sont une seule chose ». Ce dont il faut rendre raison, c’est, en revanche, l’unité de l’âme elle-même et sa nature particulière par rapport à la diversité des facultés psychiques. En outre, d’un point de vue génétique, il faudra se demander si l’on peut légitimement parler d’une génération de l’âme ou non et, si c’est le cas, en quel sens on peut le faire. Dans ce contexte, il sera impératif de comprendre comment l’unité de l’âme s’est constituée d’un point de vue génétique, si elle s’est constituée. On abordera ces questions en prenant appui sur les arguments qu’on trouve dans la Génération des animaux, sans pourtant négliger le traité De l’âme et les autres ouvrages biologiques. Il s’agira donc de rendre compte de l’unité de l’âme d’une part, et, de l’autre, d’expliquer comment une telle unité s’est constituée durant l’embryogenèse.
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